FAMILLE MEYGRET

Propos recueillis par Alexandre Festaz et Léa Laboureau

Le portrait de Fabienne Meygret

Vendredi soir, Fabienne ne sort pas de chez elle. Elle préfère nous raconter sa première Fête des Lumières. C’était en 1983. A l’époque, elle vient de quitter Oran, en Algérie, et arrive à Lyon avec son mari. En plus de trente ans, les célébrations ont l’air d’avoir bien changé.

 

La journée de Fabienne Meygret

Comme convenu avec une de ses amies, Fabienne s’est rendue samedi en fin de matinée en centre-ville, pour manger au restaurant. Elles avaient ensuite décidé d’aller au cinéma pour voir « L’Héritier », « selon les conseils d’une femme dans la queue, explique-t-elle. Ça a été une bonne surprise puisque ce film nous a beaucoup plu ! »

Après la séance, alors qu’elles étaient censées faire des courses de Noël, son amie a décidé de rentrer chez elle. Aucun problème pour Fabienne, qui a continué seule. « Si je ne fais pas mes courses moi-même, personne ne le fera à ma place », rappelle-t-elle en riant.

Elle rentre chez elle à 18 h 15, après être allée rue Victor-Hugo, puis place Carnot, pour le marché de Noël, qui était « noir de monde ». « Je regrette vraiment de ne pas pouvoir aller à la Fête des Lumières. Si j’avais été en forme, je serais allée place Bellecour, regrette Fabienne. Mais il ne faut pas se plaindre, parce que je suis encore sur mes deux jambes ! »

Dans son salon, elle s’installe dans son fauteuil et regarde le journal de France 3 pour observer, de loin, les festivités.

Ce samedi soir, chez Fabienne Meygret, ressemble à beaucoup d’autres. Regarder les informations au journal télévisé, manger dans sa cuis

ine. Aujourd’hui, elle en profite pour s’ouvrir un peu plus à nous, pour exprimer son regret de ne pas pouvoir se rendre à la Fête des Lumières, nous raconter des souvenirs des précédentes illuminations, ou encore nous parler de sa famille.

 

 

Fabienne Meygret n’ira pas à la Fête des Lumières

Cette année, Fabienne Meygret ne se rend pas à la Fête des Lumières. Elle revient sur les raisons qui la poussent à rester chez elle. Tout d’abord, elle évoque la solitude. Pour elle, pas question d’aller voir les illuminations si elle ne peut pas partager ses impressions avec quelqu’un.

 

 

Elle évoque aussi la foule, le manque de transports et sa difficulté à se rendre de chez elle dans le centre-ville.

 

 

Enfin, elle relève le manque d’infrastructures mises en place pour les seniors durant les célébrations.

 

 

Fabienne Meygret et ses lumignons

Comme chaque année, Fabienne respecte la tradition et pose des lumignons sur les rebords de ses fenêtres. Pour vous donner un avant-goût et vous faire patienter jusqu’à demain, voilà une vidéo où elle donne la raison pour laquelle elle perpétue ce rituel.

 

 

Fabienne allume ses lumignons

L’horloge de la cuisine sonne 19 heures. Fabienne est installée devant sa table et allume ses lumignons. Rien de bien spectaculaire, si ce n’est la technique qu’elle utilise pour le faire. A l’aide de spaghetti, Fabienne embrase ses bougies. Sur chaque fenêtre, elle en dispose huit, un pour chacun de ses petits-enfants. Cette tradition, elle y tient. Moins pour son aspect religieux que par respect pour le souvenir de son mari, très croyant. « Une fois, se remémore-t-elle joviale, mon mari avait même acheté des lumignons pour notre locataire, qui vit en-dessous. Il tenait beaucoup à cette tradition. »

 

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